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PANADER (SE), verbe pronom.
Vx, fam. Marcher d'une allure majestueuse et fière avec l'ostentation d'un paon faisant la roue. Voyez comme il se panade (Ac. 1798-1935). «... elle a de beaux diamants dans les yeux, la jeune courtisane! −Il a de beaux rubis sur le nez, le vieux courtisan!» Et le raffiné se panadait le poing sur sa hanche (Bertrand, Gaspard, 1841, p.102).
Prononc. et Orth.: [panade], (il se) panade [panad]. Ac. 1694 et 1718: pannader; dep.1740: 1 n. Étymol. et Hist.1. 1440-42 pennader intrans. «sauter, ruer» (Martin Le Franc, Champion des dames, ms. Arsenal 3121, fo88a ds Gdf., s.v. estrader); 1569 panader (Ronsard, Sixiesme l. des poemes ds OEuvres complètes, éd. P.Laumonier, t.15, p.144); 2. 1565 panader intrans. «marcher avec ostentation» (Tahureau, Dialogues, éd. F. Conscience, p.17: panader par une rue); 1567 se pennader pronom. (Baif, Brave V, 3, éd. 1573 ds Gdf.); 1581 se panader (Id., Mimes, I ds Euvres en rime, éd. Ch. Marty-Laveaux, t.5, p.44). Dér., au moyen de la dés. -er, du m. fr. penade «saut d'un cheval, ruade» (ca 1460, Mistere du siege d'Orléans, éd. F. Guessard et E. de Certain, 10954), lui-même empr. à un dér. occitan (cf. pennado «ruade» au xviies. à Agen ds FEW t.8, p.125b) de penar «regimber, ruer» (att.en 1300, cf. aussi penna(r) «ruer, sauter, bondir» dans différents dial. du sud de la France, v. FEW, loc. cit., et les dér. a. prov. repetnar «regimber, ruer» (fin du xiies., Jaufré, éd. C. Brunel, 2437) et repenada «ruade» (2emoitié xiiies., La tenzon de seigner Montan e de la domna ds C.A.F. Mahn, Gedichte der Troubadours, Berlin, 1856, noLXIII, t.1, p.37) qui est issu d'un lat. vulg. *pedinare «ruer», dér. de pes, pedis «pied» (cf. Thomas (A.) Nouv. Essais 1904, pp.315-316). P.étymol. pop., on a rapproché panader de paon, cf. p.ex. la graphie se paonnader «se pavaner, se glorifier» (1579, Larivey, Escolliers II, 3 ds Hug.).